Une mortalité plus élevée chez les femmes
Les maladies cardiovasculaires sont en effet, la première cause de décès en Suisse, avec 20 000 décès chaque année selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de 2024. Fait moins connu, à âge égal, la mortalité liée aux infarctus est plus importante chez les femmes que chez les hommes. Les maladies cardiovasculaires sont souvent diagnostiquées trop tard chez les femmes.
En cause, des différences entre les sexes : les femmes n’ont pas forcément les mêmes symptômes que les hommes et présentent des différences physiologiques.
Les différences entre hommes et femmes concernant ces maladies sont ainsi nombreuses :
- les spécificités biologiques : les femmes possèdent un cœur plus petit, qui bat plus vite et des vaisseaux sanguins plus étroits.
- les symptômes d’infarctus peuvent être moins évidents que chez les hommes : les femmes ont souvent, en plus de la pression thoracique, des nausées, des vomissements, de la transpiration excessive et de l’essoufflement. Elles ne (re)connaissent pas forcément les signes avant-coureurs quand ils se présentent.
- les facteurs de risques spécifiques à la femme sont influencés notamment par les hormones. Par exemple, le diabète gestationnel multiplie par deux le risque cardiovasculaire. La pré-éclampsie (maladie liée à la grossesse caractérisée par une élévation de la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines) est associée à un risque deux fois plus élevé de maladie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral et de décès cardiovasculaire. Aussi l’endométriose ou le syndrome d’ovaires polykystiques augmente le risque cardiovasculaire.
- l’infarctus du myocarde sans lésion obstructive (MINOCA – Myocardial Infarction with Non-Obstructive Coronary Arteries) est plus fréquent chez les femmes, notamment les plus jeunes.
En Mars 2026, les HUG ont ouvert un Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme dont la mission est triple :
- identifier les maladies cardiovasculaires spécifiques aux femmes,
- sensibiliser les femmes à leur santé cardiovasculaire à trois moments clés de leur vie hormonale : la contraception, la grossesse et la ménopause,
- promouvoir le dépistage et la prévention des maladies cardiovasculaires spécifiques à la femme.
Pour qui ?
- Complications lors des grossesse (prééclampsie ou diabète gestationnel)
- Ménopause précoce
- Symptômes cardiologiques chez la femme avec plusieurs facteurs de risques cardio-vasculaires
- Endométriose ou syndrome ovaire polykystiques
Ce Pôle, intégré au Centre cardiovasculaire des HUG, vise à favoriser la formation et la collaboration de tout le personnel de santé en lui fournissant les ressources nécessaires pour promouvoir une prévention efficace selon le sexe biologique et le genre. Cette sensibilisation pourrait notamment prévoir des cours intégrés multidisciplinaires ou des cours à option, en collaboration avec l’Université de Genève. Il s’agit également d’encourager la recherche médicale ciblée sur les particularités des maladies cardiovasculaires chez la femme.
Une équipe multidisciplinaire
Service de cardiologie, Centre de l’endométriose, Unité d'obstétrique, Unité d'endocrinologie, Service de rhumatologie, Service d'immunologie, Service d'oncologie, Unité d'angiologie, Centre de l’hypertension, Service de neurologie.

Plus d’infos
- Dossier Pulsations Mieux soigner les femmes
- Communiqué de presse mars 2026