Communiqué de presse

Les HUG créent un Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme

Exercice de massage cardiaque sur mannequin féminin par Save a life

Les maladies cardiovasculaires sont la cause de décès la plus fréquente en Suisse1 mais elles sont souvent diagnostiquées trop tard chez les femmes. En cause, des différences entre les sexes : les femmes n’ont pas forcément les mêmes symptômes que les hommes et présentent des différences physiologiques. À l’occasion de la journée internationale des femmes le 8 mars, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) lancent un Pôle dédié qui pourra améliorer leur prise en charge2 . 

L’objectif du nouveau Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme est triple : identifier les maladies cardiovasculaires spécifiques aux femmes ; sensibiliser les femmes à leur santé cardiovasculaire à trois moments clés de leur vie hormonale : la contraception, la grossesse et la ménopause et, enfin, promouvoir le dépistage et la prévention des maladies cardiovasculaires spécifiques à la femme. 

Une mortalité plus élevée chez les femmes 

Les maladies cardiovasculaires sont en effet, la première cause de décès en Suisse, avec 20 000 décès chaque année selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de 20243 . Fait moins connu, à âge égal, la mortalité liée aux infarctus est plus importante chez les femmes que chez les hommes. 

« En cas d’infarctus, les femmes consultent en moyenne 40 minutes plus tard que les hommes, et parfois même jusqu’à 12 heures plus tard4 , car elles ont tendance à banaliser les symptômes », explique la Dre Elena Tessitore, médecin adjointe au Service de cardiologie des HUG, responsable du nouveau Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme et Privat-docent au Département de médecine, Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE). Par ailleurs, « les femmes hospitalisées pour un infarctus présentent en général un âge moyen plus élevé comparativement aux hommes» souligne la Dre Tessitore. 

Les différences entre hommes et femmes concernant ces maladies sont ainsi nombreuses : 

- les spécificités biologiques : les femmes possèdent un cœur plus petit, qui bat plus vite et des vaisseaux sanguins plus étroits.

 - le cholestérol s’accumule dans les petites artères coronaires chez les femmes et dans les plus grosses artères chez les hommes. 

- les symptômes d’infarctus peuvent être moins évidents que chez les hommes : les femmes ont souvent, en plus de la pression thoracique, des nausées, des vomissements, de la transpiration excessive et de l’essoufflement. Elles ne (re)connaissent pas forcément les signes avant-coureurs quand ils se présentent. 

- lors d’une prise de sang, le seuil diagnostic des enzymes cardiaques, appelées, troponines ultrasensibles, pourrait peut-être être différent et s’établir à partir d’une valeur plus basse pour les femmes. 

- les facteurs de risques spécifiques à la femme (voir infographie ci-dessous) sont influencés notamment par les hormones. Par exemple, le diabète gestationnel multiplie par deux le risque cardiovasculaire. La pré-éclampsie (maladie liée à la grossesse caractérisée par une élévation de la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines) est associée à un risque deux fois plus élevé de maladie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral et de décès cardiovasculaire. 

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Lucie Ménard Médecine & Hygiène

Enfin, l’infarctus du myocarde sans lésion obstructive (MINOCA – Myocardial Infarction with Non-Obstructive Coronary Arteries) est plus fréquent chez les femmes, notamment les plus jeunes. 

Favoriser la formation, l’éducation et la prévention 

Ce Pôle, intégré au centre cardiovasculaire des HUG, vise à favoriser la formation, l’éducation, la prévention et la collaboration de tout le personnel de santé en lui fournissant les ressources nécessaires pour une prévention efficace selon le sexe biologique et le genre. Cette sensibilisation pourrait notamment prévoir des cours intégrés multidisciplinaires ou des cours à option, en collaboration avec l’Université de Genève. 

Par ailleurs, il s’agit également d’encourager la recherche médicale ciblée sur les particularités des maladies cardiovasculaires chez la femme. Par exemple, « il y a des hypothèses sur la différence dans la vitesse d’absorption de l’aspirine entre l’homme et la femme, des disparités par rapport à l’adaptation du dosage des médicaments selon les recommandations. Les femmes sont moins référées vers les programmes de réhabilitation cardiaque et y participent donc moins, malgré des bénéfices similaires », note la spécialiste. 

Toutes ces mesures devraient contribuer à améliorer le diagnostic et le pronostic, diminuer les récidives et par voie de conséquence diminuer les coûts des prises en charge. 

De nombreux centres cardiaques pour femmes existent déjà aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, à Singapour, dans plusieurs pays européens et en Suisse à Bâle, Zurich et Berne. « Nous analysons déjà avec ces trois centres suisses des cas complexes, lors de visio-conférences mensuelles explique la Dre Elena Tessitore, et des discussions sont en cours pour établir un partenariat avec eux ». 

Des femmes victimes de « pudeur thoracique » 

Enfin, nombreux sont encore les témoins qui n’osent pas faire de massage cardiaque à une femme, par gêne ou peur de les déshabiller. Un comportement dénommé « pudeur thoracique ». Ainsi, selon plusieurs études, en public, les femmes auraient 27% de chances en moins de bénéficier d’un massage cardiaque. 

Au-delà du domaine cardiovasculaire, la santé des femmes a ses spécificités, que ce soit pour les médicaments, la recherche, la santé mentale, les douleurs menstruelles ou les violences sexuelles liées au genre. Autant de thématiques à découvrir dans notre prochaine édition du magazine Pulsations du mois d’avril.

1 Source : OFSP 

2 Source: Canadian Journal of Cardiology 

3 Source : OFSP 

4 Source : Escape-net project

 

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Dernière mise à jour : 06/03/2026