Enfin, l’infarctus du myocarde sans lésion obstructive (MINOCA – Myocardial Infarction with Non-Obstructive Coronary Arteries) est plus fréquent chez les femmes, notamment les plus jeunes.
Favoriser la formation, l’éducation et la prévention
Ce Pôle, intégré au centre cardiovasculaire des HUG, vise à favoriser la formation, l’éducation, la prévention et la collaboration de tout le personnel de santé en lui fournissant les ressources nécessaires pour une prévention efficace selon le sexe biologique et le genre. Cette sensibilisation pourrait notamment prévoir des cours intégrés multidisciplinaires ou des cours à option, en collaboration avec l’Université de Genève.
Par ailleurs, il s’agit également d’encourager la recherche médicale ciblée sur les particularités des maladies cardiovasculaires chez la femme. Par exemple, « il y a des hypothèses sur la différence dans la vitesse d’absorption de l’aspirine entre l’homme et la femme, des disparités par rapport à l’adaptation du dosage des médicaments selon les recommandations. Les femmes sont moins référées vers les programmes de réhabilitation cardiaque et y participent donc moins, malgré des bénéfices similaires », note la spécialiste.
Toutes ces mesures devraient contribuer à améliorer le diagnostic et le pronostic, diminuer les récidives et par voie de conséquence diminuer les coûts des prises en charge.
De nombreux centres cardiaques pour femmes existent déjà aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, à Singapour, dans plusieurs pays européens et en Suisse à Bâle, Zurich et Berne. « Nous analysons déjà avec ces trois centres suisses des cas complexes, lors de visio-conférences mensuelles explique la Dre Elena Tessitore, et des discussions sont en cours pour établir un partenariat avec eux ».
Des femmes victimes de « pudeur thoracique »
Enfin, nombreux sont encore les témoins qui n’osent pas faire de massage cardiaque à une femme, par gêne ou peur de les déshabiller. Un comportement dénommé « pudeur thoracique ». Ainsi, selon plusieurs études, en public, les femmes auraient 27% de chances en moins de bénéficier d’un massage cardiaque.
Au-delà du domaine cardiovasculaire, la santé des femmes a ses spécificités, que ce soit pour les médicaments, la recherche, la santé mentale, les douleurs menstruelles ou les violences sexuelles liées au genre. Autant de thématiques à découvrir dans notre prochaine édition du magazine Pulsations du mois d’avril.
1 Source : OFSP
2 Source: Canadian Journal of Cardiology
3 Source : OFSP
4 Source : Escape-net project