Codeur ou codeuse

Image
Image
Codeur_codeuse

Maillons essentiels de la facturation, les codeuses et codeurs transcrivent les diagnostics et actes thérapeutiques dont le ou la patiente a bénéficié durant son séjour. Un métier de l’ombre qui requiert rigueur, autonomie et goût prononcé pour la médecine.

En 2007, avec le passage à la facturation par pathologies pour les soins stationnaires aigus (et la disparition du système d’indemnisation forfaitaire journalier), les codeuses et codeurs apparaissent aux HUG. Aujourd’hui, ces personnes traitent aussi les hospitalisations en psychiatrie et en réadaptation… pour un total de plus de 60 000 cas par an. En quoi consiste le codage ? Il s’agit de traduire les prestations des médecins et du personnel soignant en termes comptables. 

Isabelle Abram Chabriel, codeuse brevetée, experte métier et formation, exerce depuis 20 ans. Elle détaille les contours de son activité : « Lorsqu’une personne quitte l’hôpital, nous recevons la lettre de sortie rédigée par le ou la médecin qui résume son hospitalisation, ainsi que le compte-rendu opératoire et les éventuels résultats d’anatomo-pathologie. » À partir de ces documents, le ou la codeuse met en évidence le diagnostic principal qui a nécessité le plus gros effort de soins. Mais aussi les comorbidités et les actes chirurgicaux, diagnostiques (scanner, imagerie à résonance magnétique par exemple) ou thérapeutiques non chirurgicaux (une alimentation parentérale par exemple). La combinaison de ces éléments détermine le DRG (lire encadré), le groupe diagnostique dans lequel est classée l’hospitalisation. 

Trois outils de travail

Le codeur ou la codeuse dispose de trois « bibles », toujours à portée de mains, pour effectuer son travail : la CIM-10, le catalogue CHOP et le manuel de codage. La classification internationale des maladies (10e révision) de l’Organisation mondiale de la santé détaille maladies, symptômes, signes, traumatismes, organisés en chapitres thématiques (maladies infectieuses, cardiovasculaires, tumeurs, troubles mentaux, etc.) et permet de coder plus de 14 000 situations cliniques. Quant au catalogue suisse des interventions chirurgicales, il détaille tous les gestes chirurgicaux et thérapeutiques. Il est structuré par systèmes corporels (yeux, oreilles, digestif, etc.) et par types d'actes (incision, biopsie, excision, reconstruction) avec des codes spécifiques pour chaque procédure. Enfin, le manuel de codage décrit les règles et directives pour coder les cas. 

« Le codage est une tâche complexe et délicate. Nous devons lire et comprendre les notes cliniques, rapports d'hospitalisation et autres documents pour extraire les données pertinentes et attribuer les codes exacts pour chaque diagnostic et chaque acte médical. »

Auteur Image
Image
Codeur_codeuse
Isabelle Abram Chabriel
codeuse brevetée, experte métier et formation

Une expérience soignante

Comme il faut décortiquer des dossiers médicaux, pas étonnant que les 28 codeurs et codeuses (dont cinq expertes) proviennent généralement des soins (notamment infirmier, infirmière, sage-femme, technicien ou technicienne en radiologie médicale, physiothérapeute). Au bénéfice d’un diplôme d’une haute école spécialisée, ces personnes doivent d’abord suivre une formation à plein temps pendant trois mois au CHUV. Ensuite, durant 18 mois, elles sont coachées par les expertes afin de gagner en autonomie et traiter toujours plus de dossiers complexes. « Les cas simples prennent une dizaine de minutes contre plus d’une heure pour des situations compliquées avec un séjour hospitalier dans plusieurs services », précise-t-elle. Enfin, après deux ans d’activité à plein temps, et en suivant une formation complémentaire, elles peuvent obtenir le brevet fédéral. 

« Chaque dossier qu’on ouvre est un patient »

Rattachée à la Direction des finances, l’équipe des codeurs et codeuses occupe le bâtiment Les Érables, ancienne demeure située à l’entrée du domaine de Belle-Idée. Cet environnement calme est idéal pour une profession qui requiert rigueur, minutie, autonomie, réflexion et goût pour le travail administratif. « C’est important d’avoir fait le deuil des soins pour mettre son expérience au profit d’autre chose et passer sereinement au codage. En plongeant notre nez dans les documents, nous gardons un lien avec le médical. Chaque dossier qu’on ouvre est un patient », relève Isabelle Abram Chabriel. Et d’ajouter : « Nous sommes au courant des nouvelles techniques, des nouveaux traitements, de ce qui se passe dans les services. C’est enrichissant, nous apprenons tous les jours. » Un métier de l’ombre, confidentiel, mais tellement essentiel : sans codage pas de facture !

Publié le 9 Janvier 2026 | Auteur: Giuseppe Costa
Crédit photo: Julien Gregorio

Dernière mise à jour : 31/08/2026