La Salle des plâtres prend en charge les adultes souffrant d’un trouble orthopédique. Composée de neuf personnes, cette équipe experte en gypsothérapie soigne quelque 30 patientes et patients par jour.
Sol glissant ou marche manquée dans la pénombre : les occasions de se blesser ne manquent pas. En cas de fracture d’un os ou la luxation d’une articulation, l’immobilisation du membre concerné est essentielle pour assurer une bonne guérison. Aux HUG, les adultes nécessitant une telle prise en charge peuvent compter sur une équipe bien rôdée : celle des gypsothérapeutes de la Salle des plâtres du Département de chirurgie.
Intervenant 365 jours par an sur prescription médicale, elle est composée de neuf soignantes et soignants au bénéfice, en moyenne, d’une dizaine d’années de pratique en gypsothérapie. En cas de besoin, elle s’appuie aussi sur le renfort de quatre personnes supplémentaires formées. Elle agit auprès des patientes et patients dès 16 ans déjà hospitalisés dans un des établissements des HUG, venant pour une consultation ambulatoire ou se rendant aux Urgences. Tour d’horizon des prestations proposées par cette équipe qui allie travail artisanal et créativité.
« Avoir, dans l’institution, des collaboratrices et collaborateurs dédiés à la gypsothérapie est une chance, car leur solide expérience représente un gage de qualité »
Une polyvalence au quotidien
Sans surprise, la Salle des plâtres collabore de manière particulièrement étroite avec les médecins du Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur et des Urgences. La majorité des interventions vise à stabiliser une fracture ou à protéger une zone opérée afin de favoriser une cicatrisation osseuse optimale. Mais l’équipe sait aussi s’adapter à des situations plus complexes. Ces spécialistes peuvent ainsi façonner une protection sur mesure pour éviter l’appui sur un pied diabétique ou immobiliser un membre de manière à prévenir l’aggravation d’une plaie. « L’interaction entre les médecins et les gypsothérapeutes garantit des soins toujours ajustés aux exigences thérapeutiques », précise le responsable.
Cette équipe polyvalente assume également un rôle de formation. Elle propose notamment des cours aux médecins internes et aux membres du Département de chirurgie et intervient auprès de la Fondation suisse pour l’innovation et la formation en chirurgie (SFITS). « Nous accueillons aussi des collègues des unités de soins pour des journées d’observation », ajoute Patric Beaud, infirmier gypsothérapeute depuis 31 ans.
Un ballet à quatre mains
Du plâtre aux résines plus ou moins rigides, des mousses douces aux plus chaudes, en passant par des matériaux biodégradables à base de grains de bois, la palette à disposition des gypsothérapeutes est aussi riche que la diversité des situations rencontrées. Entre leurs mains, le matériau s’anime, s’enroule autour d’un bras, d’une jambe ou encore d’une cheville, puis durcit. Comme des artistes, ces spécialistes sculptent, au fur et à mesure des gestes, une œuvre unique, reflet de la morphologie de chaque individu. Une immobilisation réussie nécessite souvent la collaboration de deux personnes. Un ballet à quatre mains débute alors : pendant que l’une porte le poids et assure la bonne position du membre, l’autre réalise la procédure. « C’est un véritable travail collectif au quotidien », souligne Pablo Navas.
Gestion de la douleur
Toujours attentif à la gestion de la douleur, le personnel de la Salle des plâtres propose des solutions sur mesure. Pour cela, une personne s’est formée au MEOPA (gaz anesthésiant) et deux à l’hypnose. Ce binôme sera bientôt complété par une troisième personne. Des casques de réalité virtuelle sont aussi utilisés. « Depuis 18 mois, grâce à une collaboration accrue avec les médecins des salles de déchocage, les prises en charge particulièrement complexes sont également réalisées en toute sécurité sous sédation », relève Pablo Navas. « Le bien-être des patientes et patients étant notre priorité, nous cherchons à améliorer constamment nos pratiques. Dans l’équipe, toute idée et toute innovation sont donc les bienvenues », complète Patric Beaud. Et de conclure sur la très bonne ambiance dans son équipe : « Cette solidarité et cette cohésion de groupe sont essentielles pour assurer des soins de qualité. »
Publié le 3 février 2025 | Auteur: Nikita Kavoun
Crédit photo: Julien Gregorio