Vaccination contre le Covid-19

Pourquoi se faire vacciner ?

L’objectif premier d’une vaccination contre le COVID-19 est de protéger toute la population et particulièrement les personnes vulnérables afin de réduire les cas graves et les décès. Le deuxième but est de réduire la charge pesant sur les hôpitaux et les établissements médico-sociaux pour maintenir le bon fonctionnement du système de santé. Enfin, le troisième objectif est de lutter contre les répercussions négatives de la pandémie et d’endiguer la propagation du virus.

Il appartient à chacun de choisir les risques auxquels il s'expose. Si le COVID-19 est bénin chez la plupart des jeunes en bonne santé, il peut parfois être grave, long, ou laisser des séquelles (perte du goût et/ou de l'odorat) même chez ceux qui ne font pas partie des populations à risque. Pour l’instant, on ne peut pas encore affirmer que la vaccination diminuera le risque de transmission, mais c’est peut-être le cas. Dès lors, celles et ceux qui vivent ou côtoient des personnes vulnérables peuvent donc être motivés à se faire vacciner afin de les protéger.

La vaccination n’est, bien sûr, pas obligatoire. Mais elle vous est conseillée par l’Office fédéral de la santé publique, par la Commission fédérale pour les vaccinations, par le médecin cantonal et par les sociétés suisses de spécialistes. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin : il ou elle saura vous conseiller.

Comment se faire vacciner ?
La campagne de vaccination est organisée par le canton de Genève, selon les directives de l’OFSP.

L’inscription pour la vaccination se fait en ligne sur le site du canton.
Les rendez-vous seront attribués en priorité pour les personnes âgées de 75 ans ou plus, selon le courrier qui leur a été envoyé par la direction générale de la santé.

Quels types de vaccin sont proposés ?

La Suisse a choisi d’offrir à sa population pour le moment les vaccins les plus efficaces, à savoir les vaccins à « ARN messager ». Il s’agit de vaccins développés par les groupes pharmaceutiques Pfizer/BioNTech et Moderna. Il n’y a aucune différence entre les deux vaccins : ils ont une efficacité similaire (95%) et peuvent provoquer les mêmes effets secondaires bénins (rougeurs, douleur au point d'injection, fièvre, fatigue, maux de tête). Il n’est pas possible de choisir son vaccin pour des raisons de logistique.

Que contient un vaccin à ARN messager ?

Un vaccin à ARN messager contient une petite portion de code génétique nécessaire à fabriquer une ou plusieurs sortes de protéines du virus. Dans le cas du vaccin contre le coronavirus, l’ARN messager contient seulement l’information nécessaire à fabriquer les protéines en forme de clou qui entourent le coronavirus (spicules). Le vaccin ne peut donc pas provoquer le COVID-19.

Les ARN messagers sont enfermés dans de minuscules bulles de graisse pour être injectés dans le corps. Le vaccin ne contient pas d’adjuvant (aluminium ou autre).

Vaccin ARN messager
Plus d’informations sur le fonctionnement d’un vaccin à ARN messager

De quelle manière agit un vaccin à ARN messager ?

Une fois injectées dans le corps humain, les bulles de graisse sont «avalées» par les cellules avoisinantes. Pendant environ deux jours, ces cellules fabriquent alors des protéines-spicules que le système immunitaire repère. En réaction, celui-ci produit des anticorps contre les protéines-spicules et des globules blancs spéciaux capables de reconnaître rapidement le coronavirus en cas d’infection.

Combien de doses sont nécessaires et pourquoi ?

Tous les vaccins choisis pour la Suisse nécessitent deux injections à trois-quatre semaines d’intervalle. La première dose amorce le système immunitaire, l'aidant à reconnaître le virus, tandis que la deuxième renforce la réponse immunitaire. La protection contre le COVID-19 commence dès deux semaines après la première injection, et elle est maximale dès une semaine après la seconde.

Ces vaccins sont-ils efficaces ?

On sait qu’ils préviennent efficacement les symptômes du COVID-19 : les vaccins de Pfizer/BioNTech et Moderna présentent notamment une efficacité de l’ordre de 95%. Ils ont cependant principalement été testés quant à leur efficacité à protéger des manifestations cliniques du COVID-19 et non pour leur capacité à protéger d’une infection sans symptômes. 

En savoir plus sur l’efficacité des vaccins

Quels sont les effets secondaires des vaccins ?

Sur le court terme, les effets constatés sont ceux des vaccins traditionnels : l’injection peut se traduire par une réaction locale comme des rougeurs, une douleur au point d'injection ou par une réaction systémique comme de la fièvre, de la fatigue ou des maux de tête. Ces symptômes sont dus à la réponse de notre système immunitaire qui, pour apprendre à contrôler le virus et l’éliminer, doit d’abord produire des facteurs inflammatoires. Ils disparaissent en 1-3 jours, répondent bien au paracétamol et ne nécessitent pas de prise en charge médicale. Concernant les maladies auto-immunes, il n’y a eu aucun signal pendant les études, mais ces maladies sont rares et peuvent apparaître jusqu’à trois mois après la vaccination.

La sécurité des vaccins continue à être étroitement surveillée pour s'assurer que d’éventuels effets indésirables rares et tardifs soient identifiés lors de la phase IV, après la commercialisation des vaccins.

Faut-il se faire vacciner si on a déjà eu le COVID-19 ?

Ce n’est pas nécessaire pendant les trois mois qui suivent l’infection, parce que l’immunité induite par la maladie protège d’une réinfection, mais cette immunité diminue ensuite et des réinfections sont possibles. Il est donc proposé d’attendre trois mois après un COVID-19 connu, afin de laisser les vaccins à ceux qui ne sont pas encore du tout immunisés.

Doit-on faire un test PCR avant de se faire vacciner ?

Non. Les études ont aussi inclus des volontaires qui étaient au début d’une infection (sans le savoir), et il n’y a eu aucun problème (COVID-19 bénin). Il ne faut donc ni PCR ni sérologie, ni avant ni après le vaccin.

Est-on encore contagieux après avoir été vacciné ?

II n’y a pas encore de réponse définitive. Pour l’instant, on ne sait pas encore si la vaccination empêche seulement de tomber malade ou si elle empêche aussi d’être contagieux – même si c’est espéré. Des données préliminaires suggèrent que les vaccins pourraient aussi diminuer le risque d’être infecté sans symptômes, mais elles sont encore peu nombreuses. Ainsi, l’hygiène des mains, la distanciation physique ou le port du masque restent pour l’instant recommandés, même pour les personnes vaccinées.

Quels sont les risques liés à la vaccination ?

Le seul risque grave connu à court terme est celui d’une réaction allergique chez les personnes qui ont déjà fait dans le passé des réactions allergiques graves à un vaccin ou un médicament. Ces réactions sont faciles à traiter.

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de risque de modification de notre génome. L’ARN ne pénètre pas dans le noyau des cellules, où se trouve l’ADN. Il reste dans la partie externe des cellules et est dégradé en 48 heures environ. Il n’y a donc aucun risque de toxicité génétique, c’est-à-dire de modification de notre génome.

En savoir plus sur la sécurité des vaccins

Combien de temps l’immunité dure-t-elle ?

On ne sait pas encore si la protection dure plusieurs mois ou plusieurs années. Il n’est donc pas exclu qu’un rappel vaccinal soit nécessaire après 1, 2, 3, 5 ou 10 ans. On appréciera mieux la durée de l’efficacité du vaccin lors de la phase IV.

Existe-t-il des contre-indications à la vaccination contre le coronavirus ?

Un antécédent de réaction allergique grave à un vaccin ou à un médicament ou une grossesse peuvent être une contre-indication à la vaccination. Cependant, les femmes enceintes ayant d’autres facteurs de risques de COVID-19 grave (hypertension, diabète mal contrôlé, obésité, maladie ou traitement immunosuppresseur, etc.) doivent consulter leur médecin pour décider d’une éventuelle vaccination. Si vous souffrez d’une maladie aiguë (fièvre, etc.), il est conseillé́ de repousser la vaccination. Si vous avez eu une infection COVID-19 récemment, vous pouvez attendre trois mois pour vous faire vacciner (immunité acquise par l’infection), même si la vaccination est possible dès la fin des symptômes aigus. Une sérologie n’est pas utile avant la vaccination.

Les maladies chroniques ou la prise de médicaments ne constituent pas des contre-indications à la vaccination. En cas d’affections du système immunitaire ou de traitement immunosuppresseur, la protection offerte par ce vaccin pourrait être diminuée.

Quand la vaccination débutera-t-elle à Genève ?

Les premières vaccinations ont eu lieu le 28 décembre 2020 après l’autorisation par Swissmedic d’un premier vaccin développé par le groupe pharmaceutique Pfizer/BioNTech. Dès janvier 2021, elles s’intensifient avec l’arrivée de davantage de doses de vaccin et l’autorisation par l’Institut suisse des produits thérapeutiques d’un deuxième vaccin, celui de Moderna.

Qui sera vacciné en premier ?

Les personnes vulnérables, c’est-à-dire les personnes âgées de plus de 75 ans, sont prioritaires. Ensuite viendront les personnes de 65 et 74 ans et les adultes atteints de maladies augmentant les risques de Covid-19 grave (maladie cardiovasculaire, hypertension, diabète, obésité, etc.). Puis, ce sera le personnel de santé et celles et ceux qui vivent avec des personnes vulnérables. Enfin, tous les autres adultes qui voudraient être protégés contre le Covid-19.

Les enfants et les adolescents ne font pas partie des groupes-cibles de la stratégie de vaccination, puisqu’ils font des formes bénignes de Covid-19 : les premières études sont en cours pour les adolescents (dès 12 ans).

Quant aux femmes enceintes, elles sont exclues de la vaccination par précaution, car elles n’avaient pas été incluses dans les études. Même s’il n’y a pas eu de problèmes pour les femmes vaccinées alors qu’elles ne se savaient pas encore enceintes.

En savoir plus sur la stratégie de vaccination en Suisse et à Genève

Qui prend en charge les coûts de la vaccination ?

La vaccination contre le COVID-19 est gratuite pour la population. La Confédération, les cantons et l’Assurance obligatoire des soins assumeront les coûts du vaccin, de son administration et du matériel nécessaire. La vaccination n’est soumise ni à la franchise ni à la quote-part.

Quelle est la protection du vaccin face aux mutations du virus ?

Le nouveau variant du SARS-CoV-2, responsable du Covid19, présente des mutations au niveau de la protéine S qui est inclue dans les principaux vaccins. A l’heure actuelle, rien ne fait penser que les vaccins – qui stimulent l’immunité anticorps et cellulaire – seraient moins efficaces contre ce variant que contre les milliers de variants qui existent déjà. Si cela devait être le cas à l’avenir, il faudrait faire comme pour la grippe: adapter le vaccin périodiquement aux nouvelles souches. C’est heureusement très facile avec les vaccins à ARN messager.

Un passeport vaccinal pour voyager à l’étranger est-il nécessaire ?

Actuellement en Suisse, il est recommandé aux personnes souhaitant un jour un passeport vaccinal d’ouvrir un carnet de vaccination électronique sur mesvaccins.ch et de demander lors de la vaccination d’être enregistrées dans myCOVIDvac.ch.

Aujourd’hui, il existe déjà des obligations vaccinales pour entrer dans certains pays (vaccin fièvre jaune, fièvre typhoïde, méningite).

Est-ce sans risque de se faire vacciner pendant un traitement de chimiothérapie ?

Des données manquent sur cette question, car les patients en chimiothérapie n’ont pas été inclus dans les études. Par contre, nous savons que la chimiothérapie (ou l’immunosuppression) fait courir un risque de COVID-19 grave et que le vaccin peut ne pas être efficace à cause des traitements. C’est pourquoi, il faut choisir avec son médecin le meilleur moment de la vaccination par rapport aux traitements, que ce soit une chimiothérapie ou un traitement immunosuppresseur.

L’agence de la santé norvégienne a rapporté plus de vingt décès de personnes âgées fragiles possiblement en lien avec le vaccin Pfizer/BioNTech, qu’en est-il ?

Pour tous les premiers cas analysés, l’agence de santé norvégienne a mis hors de cause le vaccin. Malheureusement, le vaccin ne protège que contre le COVID-19, et pas tout de suite. Donc si des personnes fragiles sont vaccinées en toute fin de vie – ce qui a été le cas en Norvège –, des décès peuvent survenir juste après ou juste avant un vaccin.

Dernière mise à jour : 04/02/2021