Cas particuliers

Enfant de moins de 15 kg et de moins de 2 ans

  • Traitement par Ivermectine (dès 6 mois)

L’Ivermectine est par principe contre-indiquée chez les enfants de < 15kg et de < 2 ans en raison de l’immaturité de la P-glycoprotéine qui permet l’expulsion de la substance hors de l’espace hématoencéphalique et de l’absence de données à ce sujet. Cependant, il existe dans la littérature des cas d’expositions à l’Ivermectine chez de jeunes enfants et il n’y pas d’observations publiées suggérant un risque particulier. Il n’y a de même pas d’arguments théoriques opposant une utilisation chez l’enfant de plus de 6 mois.

Nous proposons donc la possibilité, à adapter au cas par cas, d’employer l’Ivermectine chez des enfants de plus de 6 mois à dose de 0.2mg/kg. Il faut toutefois informer dûment les parents qu’il s’agit d’une application hors indications officielles, d’instaurer un suivi rapproché de l’efficacité et de la sécurité avec un relevé systématique des signes cliniques (alimentation, transit, poids, comportement, tremblement, ataxie, sommeil) et de signaler au réseau de pharmacovigilance tout effet indésirable.

  • Traitement par Permethrine 5% (0-6 mois)

Le traitement par Permethrine est utilisable en théorie chez les enfants de < 15 kg mais de > 2 mois (risque d’absorption systémique et de neurotoxicité). Cependant, la Permethrine 5% est le traitement le moins nocif disponible en Suisse pour les enfants en-dessous de 2 mois et il n’y a aucune étude publiée suggérant un risque particulier. Il est donc à utiliser de la même manière que pour les enfants de > 2 mois avec informations aux parents concernant l’application hors indications officielles et sous étroite surveillance.

Pour les enfants entre 2 et 6 mois, le choix du traitement topique ou oral est à discuter au cas par cas, en fonction de la faisabilité des traitements et des comorbidités des patients.

Femme enceinte

L’Ivermectine à haute dose possède une action tératogène en expérimentation animale mais le suivi de plusieurs centaines de femmes enceintes au-delà du deuxième semestre exposées n’a pas montré d’augmentation de malformations congénitales ni de risque de prématurité.

En cas de nécessité, l’indication à un traitement systémique chez une femme enceinte dès le deuxième semestre est possible mais un traitement topique par Permethrine 5% est préféré. Par mesure de précaution, l’administration d’Ivermectine durant le premier trimestre chez les femmes enceintes est déconseillée.

Femme allaitante

Une étude de l’excrétion de l’Ivermectine chez 4 femmes allaitantes dans le lait maternel montre que chez une femme recevant 150 µg/kg, seul 2.75 µg/kg est retrouvé dans le lait. Donc moins de 2 % de la dose est excrété dans le lait maternel. Le passage étant minime, ce traitement systémique peut être proposé tout en informant la patiente qu’il existe un passage négligeable de l’Ivermectine dans le lait maternel.

Dernière mise à jour : 23/04/2018