Covid-19 : deux ans de pandémie aux HUG

unité covid aux HUG

Le 27 février 2020, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) accueillaient un premier patient positif au SARS-CoV-2. Après 730 jours et 5 vagues successives, les HUG tiennent à remercier l’ensemble de leur personnel pour la détermination, l’humanité et le professionnalisme dont il a fait preuve pour affronter cette pandémie.

Il y a deux ans précisément, le 27 février 2020, le premier patient Covid-19 genevois était hospitalisé aux HUG. Depuis lors, plus de 6'500 malades atteints de SARS-CoV-2 y ont été admis dont 600 sont décédés. 

« Jour après jour, les équipes des HUG ont démontré leur professionnalisme en affrontant ce virus avec force et détermination tout en s’occupant de toutes les autres personnes qui ont eu besoin de leurs services », a souligné à cette occasion, Bertrand Levrat, directeur général des HUG. « Nous devons désormais nous préparer à une persistance du Covid, avec l’arrivée toujours possible de nouveaux variants, et passer d'une approche de crise à un système résilient. Ces deux ans de pandémie ont montré la solidarité qui existe au sein de l’hôpital ainsi qu’à l’extérieur grâce au soutien sans faille de la population, ainsi que de tout le réseau de soins genevois et régional. »

L’importance d’un réseau de soins régional public-privé

L’organisation mise en place sous l’égide de la Direction générale de la santé du canton de Genève a jeté les fondements d’une collaboration indispensable entre les acteurs privés (hôpital, cliniques, cabinets médicaux) et publics ambulatoires, d’urgence et hospitaliers. En deux ans, les établissements privés ont ainsi accueilli 3’032 interventions chirurgicales des HUG en leur sein et mis à disposition plusieurs centaines de lits.

Pr Arnaud Perrier, directeur médical, rappelle que « malgré ce contexte, aucune Genevoise ni Genevois n’a été privé de soins urgents et tout a été entrepris et l’est encore pour rattraper les reports électifs, notamment chirurgicaux. Le soutien des cliniques et des soins à domicile a été crucial. Nous reprenons progressivement nos activités et reprogrammons les quelque 1'500 interventions en attente. »

L’Université de Genève et les HUG ont également travaillé main dans la main, comme en témoigne le centre de vaccination des HUG établi dans les locaux du Centre médical universitaire. Le canton de Genève, en collaboration avec les HUG, a très rapidement mis sur pied et géré un dispositif de contact et de suivi des personnes atteintes du Covid-19 (CoviCall, CoviCheck et CoviCare) qui est encore utilisé aujourd’hui par exemple pour la thérapie préventive aux anticorps monoclonaux, un autre exemple de réussite collaborative entre institutions et collectivités publiques. 

Le besoin pressant de personnel soignant qualifié et expérimenté

Durant la pandémie, les HUG ont engagé temporairement 608 personnes en renfort, principalement des médico-soignants. 370 contrats de durée déterminée ont été pérennisés en 2020 et 2021. S’y ajoutent le renfort des soldats sanitaires (4’462 jours de service), des forces de la protection civile (1’392 jours de service), des sapeurs-pompiers volontaires de la Ville de Genève (352 jours de service) et des aspirants pompiers de la Ville de Genève (649 jours de service). 

Sandra Merkli, directrice des soins, relève que « l’acuité des soins à prodiguer aux malades atteints par le Covid-19 a mis en évidence le besoin accru de recruter du personnel qualifié et expérimenté à Genève, qui va de pair avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques. L’incertitude liée à l’évolution des hospitalisations lors de la cinquième vague et le taux élevé de contamination du personnel des HUG ont fortement sollicité les équipes de soins, dont l’implication volontariste et professionnelle doit être saluée. » 

Les patients, patientes et leurs proches jouent un rôle essentiel

Depuis 2015, le plan stratégique des HUG inclut des projets de développement du partenariat entre l’hôpital et les patients et patientes, ainsi que de renforcement du temps médico-soignant qui leur est consacré. Ces deux ans de pandémie ont souligné le bien-fondé de ces approches. Malgré la nécessité de réglementer strictement les visites, notamment lors de la première vague, pour prévenir les infections, les HUG se sont efforcés, autant que possible, d’avoir une approche humaniste. Ils ont ainsi mis en place une organisation permettant une visite quotidienne, même au pic de la deuxième vague, car le rôle des familles s’est avéré absolument central dans la prise en charge des personnes hospitalisées.

Grand mais agile et réactif

L’afflux massif de patients et patientes a engendré une réorganisation, en un temps record, des activités. Les HUG ont montré une faculté d’anticipation et d’adaptation qui a été soulignée. Dans des délais toujours très courts, ils ont créé notamment des centres de dépistage pour adultes et enfants, séparé tous les flux humains Covid des non Covid, organisé des urgences respiratoires spécifiques et étendu les capacités hospitalières, allant jusqu’à 900 lits dédiés, dont 180 de soins intensifs et 720 de médecine au pic de la deuxième vague. 

Les HUG ont transformé des étages de bureaux en chambres, créé très rapidement un centre de vaccination, développé des unités hospitalières dédiées, jusqu’à 33 lors de la première vague. La constitution en quelques jours d’une cellule de crise 24h/24, 7j/7, ainsi que sa réactivation à chaque vague pandémique, a révélé l’aptitude des équipes de soins, de logistique et de tous les services à trouver rapidement des solutions. 

Le nombre de lits en soins intensifs a été triplé, en recourant notamment à la transformation provisoire de blocs opératoires. Il a fallu garantir l’approvisionnement en tout temps de matériel et substances de soins essentiels en plein climat de pénurie internationale. Des systèmes d’information et des applications mobiles indispensables pour gérer une crise sans précédent ont été développés en un temps record. Enfin, les recommandations cliniques ont été simplifiées et mises à jour régulièrement. La formation qu’elles requièrent a été dispensée très rapidement. 

L’importance de bénéficier d’une médecine de laboratoire de pointe

Les HUG disposent de deux centres nationaux de référence qui ont joué un rôle crucial dès le début de l’épidémie. Le Centre national de référence pour les infections virales émergentes (CRIVE) a été chargé par la Confédération de valider en janvier 2020 le test diagnostique du Covid-19, puis de contrôler tous les tests positifs réalisés en Suisse, avant que cette expertise ne soit transmise à la majorité des laboratoires de virologie du pays. Le laboratoire a rapidement automatisé sa production et accéléré le traitement des échantillons pour rendre des résultats en moins de six heures. Il a développé les tests sérologiques. Le Centre national de référence de l’Influenza et le Laboratoire de virologie ont largement contribué à ce que les HUG soient reconnus comme l’un des 26 centres de référence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), participant ainsi à la définition des programmes de recherche prioritaires sur le Covid-19. 

Pour Laurent Kaiser, médecin-chef du Service des maladies infectieuses ainsi que du Laboratoire de virologie, « le rôle de la médecine de laboratoire a été essentiel et sa contribution à la compréhension et à la gestion de la pandémie s’est révélée de premier ordre. »

Le dynamisme de la recherche académique genevoise

Enfin, en deux ans, 126 protocoles de recherche en lien avec le Covid-19 ont été approuvés par la Direction médicale des HUG et la Commission cantonale d’éthique de la recherche. Bon nombre d’entre eux ont donné ou donneront lieu à des publications scientifiques, dont certaines dans les revues médicales les plus réputées au monde. 

Les hospitalisations aux HUG

Les hospitalisations Covid-19 aux HUG

Dates clés

2020
•    Le 25 février 2020, le Tessin hospitalise la première personne infectée de Suisse. Le diagnostic est réalisé par les HUG.
•    Le 27 février 2020, les HUG accueillent le premier patient de la région genevoise.
•    Le 5 mars 2020, la Suisse enregistre le premier décès lié au virus, une femme de 72 ans, au CHUV à Lausanne.
•    20 mars 2020, une collaboration inédite entre acteurs publics et privés se met en place avec le réseau de soins genevois, sous le pilotage de la Direction générale de la santé.
•    1er avril 2020, pic de malades traités aux soins intensifs (67).
•    8 avril 2020, pic de la première vague avec 478 personnes hospitalisées.
•    15 octobre 2020, début de la deuxième vague.
•    16 novembre 2020, le pic de la deuxième vague est atteint, 735 malades Covid sont hospitalisés aux HUG et dans les cliniques privées. 
•    8 décembre 2020, le Service de médecine de premier recours ouvre une consultation pour les malades souffrant du syndrome post-Covid (Covid long).

2021
•    25 janvier, ouverture du Centre de vaccination des HUG.
•    12 avril, la 3e vague arrive : avec plus de 100 malades COVID hospitalisés et une moyenne de 10 entrées par jour liées au variant Delta, les HUG ont atteint leur seuil d’alerte. Plusieurs blocs opératoires sont fermés et des unités de chirurgie transformées en unités de soins aigus. 
•    1er juin, les HUG sortent progressivement de leur dispositif de crise ; 67% de la population genevoise a développé des anticorps.
•    2 août, les HUG se préparent à affronter la 4e vague : le nombre d’hospitalisations COVID augmente de 24 à 62 jusqu’au 10 septembre.  
•    20 août, le certificat COVID et une pièce d’identité sont requis pour les visites aux HUG.
•    1er septembre, entrée en vigueur de l’obligation vaccinale pour le personnel nouvellement engagé par les HUG.
•    17 novembre, lancement de la plateforme Rafael qui fournit informations et réponses sur les symptômes post-Covid.
•    2 décembre, les HUG basculent à nouveau en mode crise avec 83 hospitalisations COVID dont 11 aux soins intensifs. 
•    22 décembre, le variant Omicron représente environ 20% des nouvelles infections.
•    30 décembre, la Direction générale de la santé coordonne à nouveau la collaboration entre les HUG et les cliniques privées de Genève. Arrêt temporaire des opérations électives.

2022
•    10 janvier, arrivée progressive d’un bataillon sanitaire (30 personnes – 10/jour).
•    12 janvier, ouverture d’un centre de vaccination au Service de pédiatrie des HUG pour les enfants de 5 à 11 ans.
•    7 février, pic de la 5e vague avec 536 personnes COVID+ et post-COVID hospitalisés aux HUG.
•    14 février, le variant Omicron est présent dans plus de 90% des échantillons de tests de patients et patientes hospitalisées. 
•    20 février, les infections BA.2 continuent d’augmenter et représentent plus de 30% des tests positifs. Delta est désormais complètement remplacé par BA.1 et BA.2.
•    21 février, diminution graduelle du dispositif COVID aux HUG et réouverture progressive des salles de chirurgie.

Chiffres clés
•    6’561 malades Covid hospitalisés aux HUG (au 24.02.2022)
•    Nombre de décès liés au Covid : 600 (au 24.02.2022)
•    Taux de survie des patients et patientes Covid aux soins intensifs : 80%
•    L’âge moyen des personnes hospitalisées : 64,4 ans
•    Taux de vaccination du personnel des HUG : 81,5 % (au 08.02.2022)
    •    Dont médecins : 94%
    •    Dont soignants et soignantes : 80,88%

Vidéo
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Dernière mise à jour : 14/03/2022