Communiqué de presse

La proximité géographique, premier facteur de surcharge des urgences pédiatriques

Urgences pédiatriques - Copyright : Jonathan Imhof - HUG

Aux urgences pédiatriques des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), près de la moitié des consultations ne relèvent pas de cas urgents. Pour mieux comprendre ce phénomène observé à l’échelle mondiale, des chercheurs des HUG, de l’Université de Genève (UNIGE) et d’Unisanté ont analysé l’ensemble des passages aux urgences pédiatriques des HUG pendant deux ans. Leur étude révèle un résultat marquant : la proximité du domicile expliquerait à elle seule 20 % des visites non urgentes. Il s’agit ainsi du facteur le plus déterminant, devant les situations socio-économiques. Ces résultats sont à découvrir dans la revue PLOS One

Les services d’urgences pédiatriques, comme ceux pour adultes, font face à une pression croissante dans de nombreux pays. À Genève, les enfants se présentant au Service d’accueil et d’urgences pédiatriques (SAUP) sont évalués selon un système de priorité noté de 1 à 5. Les degrés 4 et 5, correspondant généralement à des situations qui peuvent attendre ou relever d’une prise en charge ambulatoire, représentent près de 50% des cas. Si ce tri garantit la priorité aux cas graves, l’afflux de consultations non urgentes allonge les temps d’attente, surcharge les équipes, augmente les coûts et fragilise la continuité des soins. « Le ou la pédiatre connaît souvent l’enfant depuis des années, son histoire, ses antécédents, son contexte familial. Dans de nombreuses situations, il ou elle est mieux placée pour assurer une prise en charge adaptée », rappelle le Dr Johan Siebert, médecin adjoint agrégé au SAUP et chargé de cours à l’UNIGE. 

Surprenant effet de proximité 

Pour comprendre ce qui favorise ces visites évitables, l’équipe de recherche a cartographié tous les passages aux urgences pédiatriques des HUG pendant deux ans, entre janvier 2023 et décembre 2024, soit 68 482 cas. Les données hospitalières contenant le degré de tri, le diagnostic, l’âge et l’adresse des enfants ont été croisées avec les données géographiques et socio-économiques disponibles dans le canton de Genève, notamment grâce aux données territoriales en libre accès du Système d’information du territoire genevois (SITG). 

Les résultats montrent très clairement que plus les familles habitent près des HUG, plus elles recourent aux urgences pour des situations non urgentes. « Lorsque nous avons cartographié les données, l’effet était immédiatement visible : un gradient (taux de variation en fonction de la distance autour des HUG)  dans un rayon de cinq kilomètres », explique Denis Mongin, PhD PD, analyste en informatique aux HUG, collaborateur scientifique à l’UNIGE et premier auteur de l’étude.

Selon l’analyse, si toutes les familles se comportaient comme celles vivant au-delà de ce périmètre, les consultations non urgentes diminueraient d’environ 20 %. « C’est un résultat d’autant plus éloquent qu’aucune étude ne s’était jusqu’ici vraiment penchée sur cette question de géolocalisation », confie le chercheur. 

La densité de pédiatres n’y change presque rien 

L’étude confirme également l’influence de la vulnérabilité socio-économique, déjà bien documentée dans la littérature médicale : les familles vivant dans des quartiers plus défavorisés ont davantage recours aux urgences pour des situations non urgentes. 

Par ailleurs, la densité de pédiatres disponibles dans le quartier joue un rôle beaucoup plus modeste que prévu, voire quasi nul. « L’offre pédiatrique est abondante dans les quartiers avoisinant les HUG. Et pourtant, les parents préfèrent se tourner vers les urgences, probablement pour des questions de commodité et d’accessibilité immédiate », souligne le Dr Johan Siebert. 

Cibler les messages 

Sans que la présente étude n’en évalue l’efficacité ni ne formule de recommandations opérationnelles, les auteurs dressent un certain nombre de pistes générales de réflexion en santé publique telles que l’amélioration de l’information et de l’orientation des familles vers les services les plus adaptés, le renforcement de l’articulation entre soins médicaux et services sociaux, le développement d’outils d’aide au tri téléphonique ou numérique, ainsi que l’organisation de dispositifs de soins de proximité. 

Plusieurs outils existent déjà, comme l’application d’orientation médicale InfoMed et le site Monenfantestmalade qui répondent aux questions des familles. « Une partie de la réponse passe par l’éducation à la santé : aider les parents à reconnaître ce qui est inquiétant, ce qui peut attendre et à qui s’adresser », estime le Dr Johan Siebert. « Notre étude montre qu’il faut adopter une approche locale, quartier par quartier. » 

L’équipe de recherche souhaite désormais étendre cette approche à d’autres grandes villes suisses pour déterminer si cet effet de proximité est propre à Genève ou s’il reflète un phénomène urbain plus général. 

Conseil aux parents 

Consultez d’abord InfoMed, application gratuite d’orientation qui prodigue des conseils en fonction des symptômes. Avant de vous rendre aux urgences, appelez l’un des deux numéros de téléphone gratuits : CeSaGe 0800 116 117 (lire le communiqué de presse à ce sujet) ou la garde pédiatrique de Genève 0844 022 022 de la Société genevoise de pédiatrie, dont le site permet de savoir où consulter.

En cas de situation grave, il faut toujours appeler le 144.

 

Contact

HUG, Service de presse et relations publiques 

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Dernière mise à jour : 22/06/2026