FAQ Variole du singe

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1205 Genève
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Isabella Eckerle
Pre
Isabella Eckerle
Médecin responsable du Centre
Laurent Kaiser
Pr
Laurent Kaiser
Chef de service
Docteur
Pascal Cherpillod
Biologiste responsable du CRIVE
Docteur
Pauline Vetter
Médecin du Centre
Qu’est-ce que la variole du singe ?
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La variole du singe, appelée également orthopoxvirose simienne, est une maladie infectieuse causée par le virus de la variole du singe (monkeypox virus), un virus proche de celui de la variole. Cette maladie est une zoonose, c’est-à-dire que le virus circule dans un réservoir animal (les rongeurs), et parfois se transmet à l’humain, qui est un hôte accidentel. Dans certains cas, il peut y avoir une transmission de la maladie entre humains. Elle est endémique en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale où des cas, et parfois des épidémies, sont régulièrement signalés. Ces cinq dernières années, il est arrivé que des personnes ayant voyagé soient diagnostiquées à leur retour d’Afrique, mais cela restait rare.

Depuis début mai 2022, de façon très inhabituelle, un nombre plus important de cas a été constaté pour la première fois dans plusieurs pays d’Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Australie – avec un premier cas en Suisse le 21 mai, puis un second le 24 mai à Genève.. A ce jour, la grande majorité de ces cas récemment rapportés présente une évolution favorable avec une rémission des symptômes. Toutefois, quelque 10% des personnes diagnostiquées nécessitent une hospitalisation.

La variole du singe est-elle dangereuse ?
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Dans la majorité des cas, la maladie provoque des lésions qui guérissent toutes seules après quelques semaines. Cependant, certaines personnes souffrent de fortes douleurs, présentent des formes plus sévères (encéphalites, myocardites) et le virus a même causé des décès, y compris chez des jeunes en bonne santé. Quelque 10% des personnes diagnostiquées nécessitent une hospitalisation.

Comment la variole du singe se transmet-elle ?
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Le virus responsable de la variole du singe se transmet majoritairement par contact direct avec une lésion, qu’elle soit cutanée, génitale ou anale. La transmission peut donc avoir lieu lors de rapports sexuels qui impliquent un contact direct et prolongé. Plus rarement, elle peut également se faire par contact indirect avec des objets, linges, draps contaminés ou par contact prolongé avec les sécrétions respiratoires (postillons).

Selon les informations actuelles du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le risque de contagion de la variole du singe est très faible dans la population en général, mais élevé chez des hommes ayant plusieurs partenaires sexuels. Des analyses scientifiques approfondies sur les voies de transmission sont en cours.

Une personne peut-être contagieuse avant l’apparition des lésions cutanées, dès la phase des premiers symptômes grippaux.

Quels sont les symptômes de la maladie ?
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La variole du singe débute habituellement par de la fièvre, accompagnée parfois de symptômes grippaux (maux de tête, mal de gorge, douleurs musculaires, maux de dos, gonflement des ganglions lymphatiques, frissons, épuisement). Elle évolue rapidement en éruption cutanée, qui progressivement forme des croûtes. Ces lésions peuvent apparaître sur le visageou sur d'autres parties du corps, y compris les organes génitaux. Dans près d’un tiers des cas, les lésions peuvent être localisées uniquement sur les organes génitaux ou autour de l’anus. Les symptômes durent de deux à quatre semaines et disparaissent généralement spontanément. 

La période d’incubation est généralement d’environ une semaine, mais peut aller jusqu’à 21 jours. La période d’infectivité n’est pas encore définitivement connue. Elle commence avec l’apparition des symptômes et diminue fortement lorsque l’éruption cutanée a disparu et qu’une nouvelle couche de peau s’est formée. La durée de persistance de virus dans le sperme est en cours d’étude.

Que faire en cas de symptômes ?
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Contacter un médecin qui jugera de la nécessité de réaliser ou non un dépistage du virus.

Comment se diagnostique la maladie ?
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Une ou un médecin réalise un frottis des lésions ou dans la gorge. L’échantillon parvient ensuite au Centre de référence des infections virales émergentes (CRIVE) qui dispose d’un test PCR (technique de laboratoire qui consiste à amplifier une partie du matériel génétique d’un virus pour l’identifier) permettant de diagnostiquer la variole du singe.

Que faire en cas de test positif à la variole du singe ?
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Vous devez limiter vos contacts et suivre les conseils du Service de la médecin cantonale jusqu'à ce que vous ne soyez plus contagieux ou contagieuse, à savoir dès que les lésions ont formé une croûte, que la croûte est tombée et qu'une nouvelle couche de peau s'est formée en-dessous. En cas d’isolement, il peut se faire en général à domicile et dure de deux à quatre semaines. Il doit être strict. Le Service de la médecin cantonale vous contactera pour établir la liste des personnes avec qui vous avez été en contact. La Confédération recommande aux cantons d’activer le traçage des contacts lors des cas avérés.

Quels sont les traitements ?
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A ce jour, il n'existe pas de traitement spécifique à la variole du singe. Des médicaments peuvent être prescrits contre la fièvre et les douleurs, en fonction des symptômes. Dans les cas les plus graves, le tecovirimat peut être administré. Cet antiviral, que la Confédération a prévu d’acquérir, semble efficace pour répondre aux formes les plus sévères de la maladie, mais son utilisation est toujours à l’étude, encadrée en Suisse par une large étude européenne

Peut-on se faire vacciner contre la variole du singe ?
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La Confédération entend acheter des doses de vaccin antivariolique (Imvanex), déjà approuvé dans l’Union européenne, mais pas en Suisse. La vaccination semble protéger contre les évolutions sévères. La protection contre la transmission de la maladie n’est pas encore établie. L’Organisation mondiale de la santé recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les personnels de santé et de laboratoire susceptibles d’être confrontés à la maladie.

Des personnes sont-elles protégées ?
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Il pourrait y avoir une immunité croisée avec la variole. Ainsi, des personnes ayant reçu le vaccin de la variole durant leur enfance – âgées aujourd’hui de plus de 50 ans car la vaccination a été stoppée en Suisse en 1972 – pourraient bénéficier d’une protection résiduelle. Ainsi, les personnes vaccinées préalablement contre la variole auraient moins de risque (environ 5x fois moins) de développer la variole du singe.

Y a-t-il un risque d’épidémie comme avec le Covid ?
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Aujourd’hui, le virus circule majoritairement chez des hommes ayant des rapports avec d’autres hommes. Cependant, ce virus peut toucher n’importe qui, sans distinction d’orientation sexuelle, de genre ou d’âge. Tant que le virus se transmet, il continue à s’adapter : il va évoluer et muter comme tout virus nouveau chez l’être humain. On ne peut pas exclure qu’un jour il y ait une transmission plus élargie. Il est donc nécessaire de prendre toutes les mesures possibles pour limiter la circulation de ce virus.

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Dernière mise à jour : 04/01/2023