Prendre de bonnes habitudes contre le risque de cancer colorectal chez les jeunes adultes

Mars bleu 2026

Les premiers résultats d’une étude menée aux HUG montrent une augmentation faible mais constante des cas de cancer colorectal chez les personnes de moins de 50 ans. À l’occasion de Mars bleu, l’équipe du Centre du cancer colorectal souligne l’importance de faire attention aux symptômes liés à cette maladie et d’adopter le plus tôt possible les habitudes qui réduisent les risques.

Alors que le cancer colorectal touche majoritairement les personnes de plus de 50 ans, l’étude menée par le Dr Jeremy Meyer, coordinateur du Centre du cancer colorectal, en collaboration avec le Registre genevois des tumeurs et l’Agence nationale d’enregistrement des cancers, montre une hausse régulière de 0,5% par an chez les moins de 50 ans. Même si l’incidence chez ces jeunes reste encore faible, environ sept cas pour 100 000 personnes par an, une tendance se dessine clairement.

Des symptômes à ne pas négliger

Le cancer colorectal provoque souvent des troubles du transit, comme des diarrhées, de la constipation, du sang dans les selles, une fatigue inexpliquée ou des douleurs abdominales. Dans ces situations, la possibilité d’un cancer colorectal ne doit pas être écartée. Chez cette population, le diagnostic de cancer est établi plus tardivement que chez les personnes soumises au dépistage, entrainant des traitements plus lourds.

Le rôle possible du microbiote intestinal

L’équipe de recherche s’intéresse également au rôle du microbiote intestinal, soit l’ensemble des bactéries qui vivent naturellement dans le tube digestif. Selon le Dr Jeremy Meyer, des études récentes suggèrent que certaines bactéries, notamment des souches d’Escherichia coli produisant une substance appelée colibactine, pourraient endommager l’ADN des cellules du côlon et contribuer au développement précoce de certains cancers colorectaux. Une alimentation riche en fibres et pauvre en aliments ultra-transformés contribuerait à maintenir un microbiote intestinal plus favorable à la santé.

Des habitudes simples pour réduire les risques

Même si les causes de cette hausse ne sont pas encore identifiées, l’impact du mode de vie sur le développement de la maladie est démontré. Pour réduire le risque de cancer colorectal, deux habitudes simples sont à adopter selon le Dr Thibaud Koessler, responsable du Centre du cancer colorectal :

  • Une alimentation saine et riche en fibre.
    « Mieux vaut une alimentation simple à base de produits frais que n’importe quel produit transformé. »
    La consommation de viande rouge et d’alcool doit aussi être limitée.
  • Une activité physique adaptée régulière.
    « Marcher l’équivalent de quatre arrêts de bus tous les jours a déjà un effet. »
    Un mode de vie moins sédentaire permet de réduire les risques.

Les facteurs de risques communs à la majorité des cancers sont aussi à combattre, comme la consommation de tabac et le surpoids ou l’obésité.

Risque génétique

Certaines personnes sont plus à risque de développer un cancer colorectal en raison de leurs antécédents familiaux. Si un membre de votre famille proche a eu un cancer colorectal, il est utile d’en discuter avec votre médecin pour évaluer si une analyse du risque génétique est nécessaire. Une prédisposition génétique nécessite la mise en place d’une surveillance spécifique.

Le dépistage organisé dès 50 ans

La Fondation genevoise pour le dépistage du cancer met en œuvre la politique du canton et propose un dépistage systématique pour toutes les personnes entre 50 et 74 ans et habitant dans le canton de Genève ou frontalières avec une assurance LAMal.
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Pour les professionnels et professionnelles de santé

Symposium Mars bleu 2026
Jeudi 12 mars 2026 de 14h à 18h
Programme complet et inscription

Dernière mise à jour : 09/03/2026