Médecin-chef du service de neurochirurgie

Pulsations a suivi une journée du Pr Karl Schaller, responsable de la neurochirurgie. Du bloc à la gestion des équipes, diriger un service exige des capacités hors du commun.

écrans du bloc opératoireSur l’un des écrans du bloc opératoire, le curseur de la neuronavigation frôle le tronc cérébral, une structure grise nettement visible sur l’image du scanner.
« Des fonctions vitales essentielles passent par là : déglutition, motricité, respiration, conscience, etc. Défense absolue d’y toucher ! Nous ne pourrons pas enlever la partie de la tumeur trop proche de cette zone  », annonce le Pr Karl Schaller, médecin-chef du service de neurochirurgie. L’excroissance cancéreuse est logée profondément à l’arrière  du crâne, près du cervelet. Le patient, un enfant de neuf ans, souffre de trouble moteur et  son équilibre est perturbé. « L’intervention chirurgicale poursuit un double objectif : réduire la tumeur et prélever du tissus pour des analyses. Nous disposerons peut-être d’un traitement médical chimiothérapeutique adéquat pour l’empêcher de repousser  », explique le neurochirurgien.

Dr Benoît JennyL’opération a débuté vers 7h45, soit quatre heures plus tôt. Après l’anesthésie générale, 32 électrodes ont été posées sur le corps de l’enfant, de la plante des pieds à la langue : les fonctions motrices seront contrôlées pendant toute l’opération par les spécialistes du monitoring peropératoire. Ensuite, le Dr Benoît Jenny, chef de clinique, a ouvert le crâne, écarté délicatement les hémisphères du cerveau et préparé l’accès à la tumeur. La partie délicate, l’ablation, est réalisée par le « boss ».

La journée de Karl Schaller avait commencé vers les 7h30 avec la préparation du colloque matinal.  « Communication des événements de la nuit, des informations urgentes, des éventuelles complications de patients opérés la veille… Je profite aussi de cette réunion pour caler la journée, régler les détails opérationnels », précise le chirurgien. Après les visites aux soins intermédiaires et intensifs, le médecin retourne au cabinet pour les consultations. Il est environ 9h00. Le premier patient, un quadragénaire amaigri, le visage déformé par un rictus, souhaiterait enlever la tumeur qui le ronge. Sa grande crainte : se réveiller avec une trachéotomie.

Médecin-chef du service de neurochirurgie Après les premières consultations, le médecin-chef  consacre son temps, entre 10h00 et 15h00, au bloc. Les opérations durent souvent quatre à cinq heures. Un exercice extrêmement exigeant, intellectuellement et physiquement. Ce jour-là, lorsqu’il retire sa blouse verte de chirurgien, le Pr Schaller est en nage : « J’ai enlevé plus de 60%  des tissus cancéreux. Opérer si près des fonctions vitales est terriblement éprouvant. » A peine sorti du bloc, le chirurgien se rend au colloque de neuroradiologie. « Nous y discutons des images de patients prises pendant la journée. Je planifie aussi les interventions du lendemain », explique-t-il.

les chirurgien15h30 - La journée se poursuit avec des visites de patients opérés la veille. Le chirurgien serre des mains, rassure ou encourage par un mot gentil. Mais le temps est compté, le tumor board bi-hebdomadaire, en duplex avec le CHUV, a déjà commencé.

les neurochirurgiens genevois et lausannois Dans une salle des sous-sols de l’hôpital, les neurochirurgiens genevois et lausannois réunis en mode téléconférence discutent de cas complexes.

 

 

le médecin17h - La journée marathon arrive à son terme. « A la fin de la journée, je prends une heure ou deux pour traiter les affaires administratives courantes. C’est un moment  aussi où je suis plus disponible et à l’écoute de  mes assistants et des étudiants postgrade. En général, je ne quitte pas l’hôpital avant 20h00 ou 21h00 », indique le médecin.

Dernière mise à jour : 29/01/2019