Quand les pompiers mettent le feu

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Tuyaux, corde, lanterne et autre matériel utilisé par les pompiers.
Matériel de sécurité incendie, ca. 1920
Photo no 225

En 1894, le commandant du bataillon des sapeurs-pompiers de la Ville de Genève vient examiner le bâtiment de l'Hôpital cantonal et présente un rapport concernant la sécurité incendie. Sur son conseil, on achète pour chaque étage un extincteur, ainsi que des "courses" (tuyaux ?) sur un treuil portatif afin de pouvoir les relier à la prise d'eau à haute pression placée dans la cour. À noter que la commune de Plainpalais – indépendante à l’époque – dispose d’un hangar de pompes à incendie dans la propriété de l'Hôpital, avantage indéniable pour des rapides secours en cas de sinistre.

Les extincteurs prouvent leur utilité deux ans plus tard, le 29 décembre 1896, lorsque l'échauffement de canaux d'air chaud passant dans les planchers d'une salle d'infirmiers cause un incendie. Vite maîtrisé, celui-ci rend néanmoins nécessaire la réfection complète du local. Les frais sont couverts par les compagnies d'assurance.

Entre 1899 et 1900, douze bouches à eau à haute pression sont installées dans les corridors, vestibules et combles de l'Hôpital, avec le matériel nécessaire : courses, lance etc. Le corps des sapeurs-pompiers de Plainpalais vérifie et essaye l'installation. "Nous voulons espérer que ces moyens de défense nous assureront à toujours l'immunité", dit-on dans le rapport d'activité 1900.

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Le toit du pavillon est en feu, beaucoup de fumée. Des pompiers observent la scène.
Destruction du pavillon d'isolement, 10 avril 1910
Photo no 258

Ces diverses mesures de précaution importantes mises en place, le feu est aussi parfois utilisé comme un allié efficace. Le pavillon d’isolement, construit en 1886 en raison notamment des épidémies successives de variole, doit libérer le terrain en 1910 pour la future Clinique chirurgicale. Afin d’éviter tout risque de contagion, il est décidé de ne pas récupérer les matériaux de construction, mais "de demander au corps des sapeurs-pompiers de Plainpalais de mettre le feu à ce pavillon, en prenant, cela va sans dire, toutes les précautions voulues" (procès-verbaux de la Commission administrative, 21 février 1910). Le 10 avril de la même année, on assiste donc à un incendie volontaire sur les terrains de l’Hôpital !

Licence Creative Commons CC-BY-SA – source : archives HUG – référence : art. 19903 / HUG_albumHC

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Dernière mise à jour : 29/01/2026