Les diaconesses, soignantes dévouées

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Photo de groupe de 12 diaconesses.
Diaconesses de la Maison de Berne, ca. 1920
Photo no 330

Les communautés de diaconesses protestantes, qui existent encore aujourd’hui, se sont développées dès le début du 19e siècle. Il s’agissait de femmes veuves ou célibataires vouées aux soins des malades, au soutien des pauvres et à l'éducation des jeunes. 

Dès 1891, la Commission administrative de l’Hôpital cantonal fit appel à la Maison des Diaconesses de Berne, car il était alors difficile de recruter des infirmiers et infirmières. Plusieurs dizaines de diaconesses furent donc envoyées et devinrent rapidement indispensables au bon fonctionnement de l’institution, tout en gardant un statut particulier parmi le personnel. Notamment, leur salaire était moindre que celui des employées et employés...

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Photo de groupe de trois diaconesses.
Diaconesses de la Maison de Berne, ca. 1920
Photo no 331

Néanmoins, le fait d’employer des personnes ayant une appartenance aussi marquée à une confession donnée, suscitait des critiques dans la Genève politique de la fin de siècle. À cette époque, le débat sur la laïcisation de l’État était en effet constant. La querelle était attisée encore par la crainte des infirmières et infirmiers d’être mis au chômage. Par ailleurs, des patients et patientes se plaignaient de problèmes de communication avec les diaconesses, qui ne parlaient pas toujours bien le français.

Georges Favon, leader du parti radical, proposa alors la création d’une École laïque d’infirmiers et infirmières, afin de disposer de personnel qualifié formé sur place et en même temps apaiser les querelles religieuses. Cette école proposait, dès 1896, un programme de formation sur 40 semaines à raison de 18 heures d’enseignement par semaine, complétée par un stage dans les services de l’hôpital. Or, l’expérience était un échec : après 5 ans, seulement 22 élèves au total avaient suivi les cours, et ils et elles ne restaient que rarement travailler à l’Hôpital cantonal. Ainsi, les dépenses pour l’État étaient jugées trop élevées, et on décida de fermer l’école en 1901.

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Acte calligraphié de remerciement
Acte à l'occasion du départ après 25 ans de service de Sœur Rosa Geissbühler, 7 mai 1922
Photo no 339

L’histoire ne nous dit pas ce que pensèrent les diaconesses de toute cette polémique, mais il semble qu’elles se plaisaient à Genève. L’une d’entre elles, Sœur Rosa Geissbühler, était en effet au service des malades de l’Hôpital cantonal pendant 25 ans, de 1897 à 1922, et devint même cheffe de service à la Clinique chirurgicale.

Licence Creative Commons CC-BY-SA – source : archives HUG – référence : art. 19903 / HUG_albumHC

 

Pour aller plus loin...

Informations sur les diaconesses en général

Article scientifique sur le contexte de création de l’École

DROUX, Joëlle, 1991. La première École laïque d'infirmiers et d'infirmières de Genève (1896-1901). In : Gesnerus, vol. 48 (3-4), p. 449-462. https://doi.org/10.5169/seals-521460 

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Dernière mise à jour : 29/01/2026