Sublimations dit un mouvement. Le mot évoque la transformation, le déplacement, la transposition. Non pas effacer la blessure, mais lui donner une forme. Non pas nier la vulnérabilité, mais la traverser. L’exposition fait apparaître des corps multiples : corps intimes, fragilisés, reconstruits ; corps observés, auscultés, soignés ; des corps collectifs aussi, ceux d’une institution, de ses métiers, de ses circulations, de ses rythmes et de ses gestes parfois invisibles.
Sabrina Röthlisberger Belkacem (*1988) présente une œuvre spécialement conçue pour l’accueil de l’hôpital, à partir de son propre parcours de guérison, comme une écriture visuelle de sa convalescence. Devant l’auditoire, œuvres et archives dessinent une autre cartographie : celle d’un hôpital comme corps vivant, fait de lieux, de pratiques techniques et artistiques, de mémoire et de relation.
Entre ces espaces, un seuil que Sublimations invite à franchir, pour voir comment l’art peut accompagner l’épreuve, déplacer le regard et faire surgir, au cœur même de la fragilité, des formes de résistance, de beauté et de métamorphose.