Nutrition parentérale perdialytique (NPPD) (protocole)

Validé en septembre 2019 par :

Genton-Graf L. – Professeure - Service d’endocrinologie diabétologie, hypertension et nutrition, D-MED
Helary C. (à présent retraitée) - Infirmière spécialiste clinique – Diabétologie, D-MED 
Ho S. - Diététicien – Filière nutrition et diététique, D-MED 
Lefuel P. - Infirmière spécialiste clinique - Soins en néphrologie, DS

Définition
Domaine d'application et portée
Références
Relecture et validation

 

 

 

 

 

Définition

Nutrition parentérale perfusée dans le circuit sanguin extra-corporel, durant la séance d’hémodialyse pour palier à une dénutrition modérée.

 

Domaine d'application et portée

Sélection des patients 

  1. Nutrition risk score (NRS) ≥ 3 1 (Disponible dans DPI, onglet échelles cliniques)
  2. Echec des suppléments nutritionnels oraux et de la nutrition entérale
  3. Prise alimentaire : > 50% des besoins énergétiques et protéiques (30 kcal et 1,2 g /kg de poids actuel ou, chez les sujets obèses, de poids idéal) 2

Examens à effectuer

Poids idéal ou poids sec = Poids de référence, sans surcharge hydrique.

Avant l’instauration de la NPPD

•    Sur prescription médicale : Examens sanguins systématiques : albumine, préalbumine, protéine C-réactive, phosphatase alcaline, triglycérides, glycémie à jeûn. Si risque de syndrome de renutrition, dosage K, Mg, P et correction si nécessaire.
•    Mesure de composition corporelle par bioimpédance électrique (BIA) en fin de séance d’hémodialyse.

Après mise en place de la NPPD

Si risque de syndrome de renutrition inapopriée (SRI) 3, dosage K, Mg, P, lors des séances de dialyse de première semaine
SRI : il est défini par l’ensemble des anomalies biologiques et cliniques qui surviennent lors de la renutrition de patients dénutris ou ayant subi un jeûne prolongé. Il reflète la transition métabolique d’un état catabolique à un état anabolique.
Les troubles électrolytiques retrouvés lors d’un SRI, tels que l’hypophosphatémie, l’hypomagnésémie et l’hypokaliémie, peuvent être sévères et amener à une défaillance multiviscérale. 3

•    Examens sanguins 1x/mois : albumine, préalbumine, protéine C-réactive, phosphatase alcaline, triglycérides, glycémie à jeûn.
•    Mesure de composition corporelle 1x/3 mois en fin de séance d’hémodialyse.

Durée minimum de dialyse pour la mise en place d’une NPPD

4 heures 

Procédures durant la séance de dialyse

Attention : retirer le volume ajouté de la NPPD pendant la séance d’hémodialyse

  • Produit : Omegaflex® special 1250 ml (1475 kcal, glucides 180 g) 
  • Débit max: 250 ml/h (max 1000 ml d’Omegaflex® special/séance d’hémodialyse)
  • Progression du débit : 

1ère semaine : 8 ml NPPD /kg poids actuel ou idéal (obèses)/séance 
2ème semaine : 16 ml NPPD /kg poids actuel ou idéal (obèses)/séance

Patients diabétiques 

Attention aux risques d’hypoglycémie per- & post-dialytique.

  1. Initiation de la NPPD : Injection de 10 unités de Novorapid dans NPPD special 1250 ml (1475 kcal, glucides 180 g), quelque soit la quantité d’alimentation perfusée. Ce dosage correspond environ à 1U d’insuline rapide pour 20g d’HDC, ce qui est une dose moyenne inférieure, mais plus sécuritaire pour éviter des hypoglycémies chez ces patients fragiles. 
  2. Suivi des glycémies : à chaque séance au début de la séance, puis toutes les heures. 
  3. Prescription complémentaire d’insuline si dysglycémie : à évaluer par le néphrologue et le diabétologue en concertation.

Patients non diabétiques

Suivi des glycémies : au début de la séance, puis toutes les heures pendant les 2 premières séances

Durée de la NPPD

  • Aussi longtemps que le patient répond aux critères de sélection
  • Jusqu’à l’atteinte de l’objectif pondéral : > 2 mois pour améliorer l’état nutritionnel.

 

Références

1 ESPEN Guidelines for Nutrition Screening 2002. Kondrup et al, Clin Nutr 2003, 22(4): 415–421
2 ESPEN Guidelines on Parenteral Nutrition: adult renal failure. Cano N et al, Clinical Nutrition 2009, 28, 401–414
3 Management and prevention of refeeding syndrome in medical inpatients: An evidence-based and consensus-supported algorithm. Friedli N et al, Nutrition 2018, 47, 13-20 

 

Relecture et validation 

Genton-Graf L. – Professeure - Service d’endocrinologie diabétologie, hypertension et nutrition, D-MED
Martin P.-Y. – Professeur, Service de néphrologie, D-MED
Philippe J. – Professeur, Service de diabétologie, D-MED
Saudan P. – Professeur, Service de néphrologie, D-MED
Référentiel Médico-Soignant (RMS) 

 

 

Dernière mise à jour : 28/07/2020