Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

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Titre
Service de gynécologie
Adresse

Boulevard de la Cluse 30
1205 Genève
Suisse

Professeur
Patrick Petignat
Chef de service

Informations pour les femmes concernées

Cette page a pour but de vous informer sur le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Elle vous propose également des solutions pour atténuer ses symptômes.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Quels sont les signes du SOPK ?

Le SOPK débute à l’adolescence. On estime qu’une femme sur dix en souffre. Les principaux symptômes sont les suivants :

  • des règles irrégulières (anormalement espacées ou trop fréquentes), voire absentes
  • une pilosité importante du visage ou d’autres parties du corps, on parle alors d’hirsutisme
  • de l’acné
  • une tendance à la prise de poids ou une difficulté à perdre du poids
  • des taches foncées sur la peau, le plus souvent sur la nuque, sous les bras et dans la région de l’aine (à l’intérieur des cuisses). Elles sont appelés «acanthosis nigricans».

L’intensité de ces symptômes est variable et les patientes ne les présentent pas toujours tous. En outre, si vous les présentez, cela ne signifie pas que vous avez un SOPK. Seul un bilan gynécologique est en mesure de confirmer le diagnostic.

Quelles en sont les causes ?

Le SOPK a pour origine un déséquilibre hormonal. Les hormones sont des messagers chimiques sécrétés par des glandes. L’hypophyse est une glande située au niveau du cerveau. Elle secrète deux hormones appelées FSH et LH qui orchestrent le cycle ovarien: leurs taux varient au cours du cycle, provoquant l’ovulation et les règles. Le taux de base de LH est en général plus bas que celui de FSH.

En cas de SOPK, le taux de ces hormones varie généralement peu au cours du cycle. Le taux de base de LH est plus haut que celui de FSH et n’augmente pas en milieu du cycle. Cette LH élevée est à l’origine de la surproduction d’androgènes ovariens. Ainsi, les ovaires ne reçoivent pas les bons messages et le cycle menstruel est perturbé.

On constate une élévation du taux sanguin de testostérone (hormone sécrétée par les ovaires habituellement en petite quantité). Cette hausse est responsable de l‘excès de poils sur le visage et le reste du corps ainsi que de l’acné.

Le taux sanguin d’insuline (hormone sécrétée par le pancréas) a aussi tendance à augmenter en cas de SOPK. On parle alors d’insulinorésistance, qui peut se manifester par des taches brunes sur la peau (acanthosis nigricans) et également empêcher l’ovulation.

SAVIEZ-VOUS ?
En général, au 14e jour du cycle, l’hypophyse secrète subitement une quantité importante de LH, ce qui envoie un signal aux ovaires leur indiquant de libérer un ovule (ovulation).

Que se passe-t-il au niveau du cycle ?

Cycle menstruel régulier
Cycle menstruel régulier
Cycle menstruel avec SOPK
Cycle menstruel avec SOPK

Comment diagnostique-t-on un SOPK ?

Ce diagnostic est posé par votre gynécologue.

Au cours d’un entretien, il/elle vous interroge sur votre cycle menstruel et votre état de santé. Ensuite, il/elle pratique un simple examen physique. Une prise de sang est réalisée afin de doser vos taux d’hormones, de sucre et de cholestérol.

Parfois, une échographie abdominale est prescrite. Grâce à des ultrasons, cet examen indolore permet de visualiser les organes internes, notamment vos ovaires, votre l’utérus et votre vessie. Chez les patientes atteintes de SOPK, les ovaires sont légèrement plus gros et portent de minuscules kystes, plus ou moins nombreux. Ces kystes sont bénins et désignent en réalité des follicules ovariens (petits sacs contenant un ovule). Ils ne nécessitent pas d’être enlevés.

+ INFO
Afin de visualiser au mieux vos organes, vous devez boire un litre de liquide avant l’échographie.

Quelles sont les complications possibles ?

Le SOPK peut avoir un impact négatif sur la qualité de vie et être source d’anxiété.

En l’absence de prise en charge, il existe un risque de développer à long terme les complications suivantes :

  • un allongement du délai de conception ou une infertilité
  • un pré-diabète et un diabète
  • des maladies cardiovasculaires
  • un syndrome d’apnée du sommeil (interruptions répétées de la respiration)
  • un cancer de l’utérus.

Cependant, cela ne signifie pas que vous présenterez ces complications. N’hésitez pas à partager vos inquiétudes avec votre gynécologue. Il/elle saura répondre à vos questions.

Télécharger la brochure en format PDF Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Dernière mise à jour : 02/12/2020